Stratégie de Netlinking 7 stratégies qui fonctionnent

Rédigé par Sandrine Lasserre

Posté le : 18 septembre 2026

Temps de lecture : 20 minutes

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Revue du digital – semaine du 14 septembre 2026

Google teste une rémunération des éditeurs dont les contenus nourrissent ses réponses d’IA, par un panneau de la Search Console qui affiche un montant sans en expliquer le calcul. En France, un aperçu IA s’affiche sur 33,3 % des requêtes suivies par Datashake, et une page en position 1 n’y est plus citée que dans 58,7 % des cas, contre 70,7 % en août. Et depuis le 15 septembre, le réglage “Block” de Cloudflare coupe aussi Googlebot.

La semaine a surtout montré ce que Google et les plateformes d’IA font de la relation avec les sites. Google commence à payer certains éditeurs pour leur contribution à ses réponses, ouvre en Europe un carrousel de sites de référence, et reconnaît que ses mesures de position dans les fonctions d’IA restent approximatives. En France, les données de Datashake confirment qu’une bonne position reste le meilleur accès à la citation, et montrent aussi que cet avantage recule. Côté outils, Cloudflare redéfinit ce que “bloquer” veut dire, Meta lance un agent que les sites prendront pour un visiteur humain, et OpenAI pousse ses annonceurs vers une facturation à l’impression. Deux rappels, enfin, concernent directement ceux qui produisent du contenu avec l’IA : Claude Fable 5.1 reprend plus souvent des passages sans guillemets, et 42 % des travailleurs interrogés par Adaptavist disent passer plus de temps à vérifier l’IA qu’elle ne leur en fait gagner.

  • La rémunération des éditeurs par Google : un pilote dans la Search Console, des montants jugés trop faibles par une partie des éditeurs.
  • Le carrousel Ecosystem : repéré le 15 septembre en Europe, pour la météo, le sport, la finance et la traduction.
  • USA Today et le New York Times : une nouvelle équipe de 23 à 30 personnes chez USA Today, un poste dédié à l’IA au New York Times.
  • Les AI Overviews en France : 33,3 % des requêtes suivies par Datashake, et une position 1 citée dans 58,7 % des cas.
  • Wikipédia et les AI Overviews : environ 5 % de visites venues des moteurs en moins, selon une méthode revue depuis février.
  • La position IA dans la Search Console : celle du bloc pour les AI Overviews, pas pour l’AI Mode, et des données d’indexation de juin perdues.
  • Les tableaux de bord de Google Analytics : 15 cartes par tableau de bord, sans segments ni API.
  • Les vues par post Google Business Profile : de retour dans le tableau de bord, pas encore dans l’API.
  • La chute du 4 septembre : des sites sensibles et des sites de sport remontés le 12, sans confirmation de Google.
  • Meta Muse : un agent qui navigue pour l’utilisateur et que les sites comptent comme un visiteur humain.
  • Claude Fable 5.1 : plus de passages repris sans guillemets dans les résumés, selon Anthropic.
  • La taxe de vérification : 42 % des travailleurs interrogés disent perdre plus de temps à vérifier l’IA qu’ils n’en gagnent.
  • Cloudflare : “Block” bloque désormais Googlebot, “Disallow AI Training” refuse seulement l’entraînement.
  • La publicité dans ChatGPT : OpenAI recommande de viser les conversions en payant à l’impression.

Bonne lecture !

Google teste une rémunération des éditeurs dont le contenu nourrit ses réponses IA

Google teste depuis au moins avril un programme qui paie des éditeurs quand leurs contenus contribuent “significativement” aux réponses générées par l’application Gemini, les AI Overviews et l’AI Mode. Digiday en a détaillé le fonctionnement le 14 septembre, après avoir consulté des captures d’écran et interrogé des éditeurs, et Google lui a confirmé qu’il s’agit d’un pilote à un stade précoce. Au moins plusieurs dizaines d’éditeurs auraient été approchés, bien au-delà de la seule presse d’information, sans que Digiday ait pu confirmer leur nombre.

Comment fonctionne le programme ? Tout passe par la Search Console. Un éditeur qui accepte les conditions du “AI contribution pilot” voit apparaître un panneau qui affiche ses gains mensuels et un historique, et il peut quitter le programme à tout moment. Le texte d’aide reproduit par Digiday fixe la limite : seule compte la contribution au moment où Google génère la réponse. Une page qui sert seulement à confirmer un fait ou à ajouter un lien après coup ne donne droit à rien.

Combien ça rapporte ? Le panneau affiche un montant, mais pas la façon dont Google le calcule, et c’est le principal reproche : “quite black box” selon un dirigeant cité par Digiday. Deux éditeurs participants préfèrent être dans le programme plutôt qu’attendre le retour du trafic. D’autres jugent les montants proposés trop faibles au regard de leurs recettes publicitaires, et un dirigeant explique que les offres reçues par son entreprise et plusieurs de ses pairs ne justifient pas d’entrer dans le programme.

Faut-il accepter si Google vous le propose ? Pas sans lire les conditions et peser ce que vous cédez. Un dirigeant interrogé par Digiday craint qu’une participation affaiblisse les éditeurs dans leurs négociations, puisque Google pourrait ensuite faire valoir qu’il rémunère déjà l’usage de leurs contenus. Un autre dirigeant estime que ce type de programme pourrait surtout convenir aux petits et moyens éditeurs, qui n’ont pas le poids pour négocier un accord de licence et y trouveraient une porte d’entrée.

Le programme ne concerne à ce stade que les éditeurs invités, et Google n’a publié ni critères d’accès, ni barème.

Google étend ses changements européens aux éditeurs : le carrousel “Ecosystem” est en ligne

Le 15 septembre, le consultant Lluc B. Penycate a repéré un nouveau carrousel de sites dans les résultats de Google en Europe, sous les réponses interactives sur la météo, le sport, la finance et la traduction. Il l’a constaté sur ordinateur comme sur mobile, et Search Engine Roundtable a publié ses captures. C’est la suite de la refonte européenne décrite dans la revue de la semaine du 7 septembre, menée pour se conformer au DMA, le règlement européen sur les marchés numériques.

Qu’est-ce qui change par rapport aux blocs annoncés le 8 septembre ? Le périmètre. La refonte annoncée le 8 septembre touchait les requêtes d’hôtels, de vols, de trains et de produits, donc surtout le voyage et le commerce. Le carrousel Ecosystem ouvre un espace à des éditeurs de contenu : services météo, médias sportifs et financiers, outils de traduction. Un clic sur une tuile mène directement au site, et Google dit classer les sites selon ses algorithmes habituels, avec des principes non discriminatoires adaptés à la zone géographique et à la langue.

Qui peut y apparaître ? Votre site, s’il vise les internautes de l’Espace économique européen, publie de la finance, de la météo, du sport ou des traductions, et fait référence ou se spécialise dans son domaine, comme un grand média ou un service météo commercial. La documentation de Google ne demande ni balisage ni flux : un éditeur qui pense remplir ces conditions se signale par un formulaire de manifestation d’intérêt.

Que surveiller si votre site vit de ces requêtes ? Ses clics sur les requêtes météo, sportives, financières ou de traduction, dans la Search Console filtrée sur les pays européens, avant et après le 15 septembre, que le site figure ou non dans le carrousel. Sur ces requêtes, Google affichait déjà sa propre réponse interactive, et le carrousel ajoute une sélection de sites de référence à côté d’elle.

Aucune mesure publiée ne dit encore combien de clics ce carrousel envoie aux sites qu’il affiche.

USA Today et le New York Times réorganisent leurs équipes pour l’après-Google

USA Today Co. crée une nouvelle équipe chargée de l’audience et de la production numérique, avec des suppressions de postes à la clé, a annoncé début septembre sa vice-présidente senior Monica Richardson dans une note interne. Digiday, qui en rend compte le 10 septembre, cite sa justification : “Growing audience by producing more content isn’t as effective as it once was.” Au New York Times, Christine Liang, qui dirigeait le SEO technique depuis sept ans, prend un nouveau poste consacré à l’IA et à la visibilité hors du site.

Que change concrètement USA Today ? Son organisation. La nouvelle structure centralise la production, concentre la croissance d’audience sur quelques grands thèmes et développe la diffusion hors du site. L’équipe comptera entre 23 et 30 personnes, sous la direction d’un rédacteur en chef dédié en cours de recrutement, avec un objectif de mise en place sous six à huit semaines. Le contexte est financier : au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 8,3 % sur un an et ses revenus publicitaires numériques de 9,2 %, en partie à cause de la baisse des pages vues.

Est-ce la fin du SEO dans les rédactions ? Pas selon Digiday, qui décrit plutôt un déplacement. Les médias revoient la structure de leurs équipes d’audience, les canaux où investir et la façon d’écrire pour des lecteurs humains et pour des systèmes d’IA. Le Washington Post avait créé dès octobre 2025 un poste de responsable du SEO et de la visibilité dans l’IA. Le consultant Barry Adams résume la tendance : les éditeurs misent davantage sur les canaux directs, applications, newsletters, podcasts et vidéos, et passent, selon lui, de la course au clic à la course à la fidélité.

Quel rapport avec une marque B2B ? Les médias se mettent à vendre leur visibilité dans l’IA. Digiday note que de plus en plus d’éditeurs proposent aux annonceurs des analyses et des offres GEO, c’est-à-dire d’optimisation pour les moteurs génératifs. En France, Infopro Digital Media, régie du groupe qui édite L’Usine Nouvelle, LSA ou Le Moniteur, a présenté le 15 septembre une offre de ce type : audit, production de contenus pensés pour les IA, diffusion de ces contenus de marque dans ses médias et visibilité payante.

Les deux réorganisations décrites sont américaines. Infopro Digital Media avance un score moyen de visibilité de ses médias dans les IA génératives sans en expliquer le calcul, et ce chiffre ne peut donc pas vous servir de repère.

AI Overviews en France : moins de clics à positions égales

Six semaines après l’arrivée en France des AI Overviews, les aperçus générés par IA en haut des résultats de Google, le 22 juillet, l’agence Datashake a présenté le 10 septembre, lors d’un webinaire d’Abondance, un relevé fait le 1er septembre sur les requêtes qu’elle suit pour 55 clients. Un aperçu IA s’affiche sur 33,3 % des 5 118 requêtes suivies qui ne contiennent aucun nom de marque. Sur les 5 084 requêtes déjà suivies en août, la part est passée de 31,8 % à 33,3 %. Sur un échantillon de 160 requêtes classées par intention, il se déclenche sur 66 % des requêtes où l’internaute évalue une option, et sur 3 % seulement de celles où il veut agir.

Être premier sur Google suffit-il encore pour être cité ? Cela reste le meilleur atout, mais il s’érode. Selon Datashake, l’aperçu cite la page en position 1 pour 58,7 % des 436 requêtes concernées, contre 41,5 % en positions 2 et 3 et 19,3 % en positions 4 à 10. Le 3 août, le relevé donnait 70,7 % pour la position 1, et en suivant les mêmes requêtes une par une, la première place perd 6 points. L’aperçu se resserre aussi : 2,59 sources en moyenne en août, 2,38 en septembre. Abondance rappelle que cette relation reste une corrélation.

Combien de clics les aperçus coûtent-ils ? Le chiffre de référence reste celui d’Ahrefs, que nous citions dans l’édition du 17 août. Sur 963 domaines suivis dans la Search Console, le taux de clic a baissé de 23,1 % en médiane dans les neuf jours suivant le 22 juillet pour les domaines dont plus de 20 % des requêtes déclenchent un aperçu, et de 24,8 % une fois prise en compte la hausse de 2,3 % d’un groupe témoin presque jamais exposé. La version anglaise de l’étude, publiée le 16 septembre, souligne que les positions n’ont presque pas bougé et qu’en moyenne, chaque point d’exposition supplémentaire coûte environ un point de taux de clic. Datashake et Ahrefs ne mesurent pas la même chose et leurs chiffres ne se comparent pas : l’un compte des citations sur un corpus de requêtes, l’autre des clics sur des domaines.

Comment savoir ce que vous perdez, vous ? Victor Lerat, d’Abondance, conseille de comparer le taux de clic de vos mots-clés à position égale, avant et après le 22 juillet. C’est la seule comparaison qui isole l’effet de l’aperçu, puisqu’une perte de clics liée à une perte de position n’a rien à voir avec lui. La santé est le secteur le plus exposé dans l’étude d’Ahrefs, avec 22,2 % de requêtes à aperçu et un taux de clic en baisse de 20,4 %. Notre revue de la semaine du 7 septembre rappelait qu’une partie des internautes qui ne cliquent pas le font à cause de pages trop lentes ou chargées. Ses chiffres ne s’appliquent pas aux pertes françaises. Ils désignent la partie qui dépend de vous.

Le relevé de Datashake porte sur les requêtes de ses propres clients, sur ordinateur, et ne décrit pas le marché français dans son ensemble.

Google Analytics ouvre des tableaux de bord personnalisables

Google a ajouté le 9 septembre des tableaux de bord personnalisables à Google Analytics. Ils réunissent sur une seule page les indicateurs choisis pour une propriété. On les construit par glisser-déposer sur une grille, en posant directement les dimensions et les métriques sur le canevas, sans passer d’abord par un rapport détaillé ni par la bibliothèque de rapports.

Que pouvez-vous y mettre ? Six types de visualisation au lancement : cartes de synthèse avec variation en pourcentage entre deux périodes, tableaux, courbes à la journée, à la semaine ou au mois, barres, anneaux et entonnoirs de conversion. Une propriété standard a droit à 15 cartes par tableau de bord, une propriété premium à 30. À l’enregistrement, on peut publier le tableau de bord directement dans le menu de gauche de la section Rapports.

Qu’est-ce qui manque encore ? Trois choses que la documentation liste elle-même : les segments, les comparaisons propres à une carte et l’accès par API. Un tableau de bord publié se partage avec toute la propriété, sans vue privée. Pour un reporting client qui repose sur des segments, par exemple le trafic organique seul ou une audience précise, cet outil ne remplace pas encore Looker Studio, l’outil de tableaux de bord de Google, ni un export par API.

Qui peut créer ou modifier un tableau de bord ? Les utilisateurs qui ont un rôle Éditeur ou Administrateur sur la propriété. Toute personne qui a accès à la propriété peut en revanche consulter les tableaux de bord publiés. Pour une agence, c’est une façon simple de donner au client une page de synthèse à jour sans lui envoyer un fichier chaque mois, à condition de vérifier que quinze cartes suffisent.

Google Business Profile : les vues par post reviennent, mais seulement dans le tableau de bord

Google affiche de nouveau le nombre de vues de chaque post publié sur une fiche Google Business Profile. Lisa Landsman, employée de Google, l’a annoncé dans le bulletin de septembre publié sur le forum d’aide de Business Profile, et Search Engine Journal l’a relevé le 10 septembre. Google avait supprimé cette mesure en février 2023, avec les clics sur les boutons des posts.

Que montre le nouveau compteur ? Le nombre de fois où des clients ont vu chaque post, sur la carte du post, dans la section Posts du tableau de bord de la fiche. Il couvre les posts publiés sur les 18 derniers mois, tous les types de posts, actualités, offres et événements, et additionne les vues venues de la recherche Google et de Google Maps. Google indique un déploiement mondial en cours.

Peut-on l’intégrer à un reporting automatisé ? Pas encore. Le bulletin précise que le compteur n’est “not yet available in the API”, et il ne dit pas ce qu’est une vue : Search Engine Journal note qu’on ignore si le chiffre compte des personnes uniques ou chaque affichage. Le bulletin ne parle pas des clics sur les posts. Pour mesurer ses posts, il faut donc relever les chiffres à la main dans le tableau de bord, et ne pas les comparer aux vues de fiche, qui comptent chaque personne une fois par jour.

L’accès à l’API est-il lui-même ralenti ? Oui. Le 11 septembre, Google a signalé sur le même forum un volume inhabituel de demandes d’accès à l’API de Business Profile, avec des délais de traitement allongés, sans pouvoir donner de date de réponse. Google demande de ne pas renvoyer de demande tant que la première est en attente. Une agence qui doit encore demander l’accès à l’API pour brancher un outil de gestion des fiches doit prévoir du retard.

Google a aussi ouvert sur les fiches un onglet des informations collectées, qui montre ce que l’établissement a répondu aux appels ou messages automatisés de Google, avec la source et la date de chaque information. Sa disponibilité dépend de la région, de la langue et de la catégorie d’activité, et rien ne confirme encore un accès en France.

Des sites chutent début septembre et remontent le 12, sans confirmation de Google

Le 12 septembre, le consultant Glenn Gabe a signalé une mise à jour non confirmée poussée par Google autour du 3 et du 4 septembre, qui avait fait chuter plusieurs sites qu’il suit, dans la recherche et en partie dans Discover, le fil d’articles personnalisé de Google. Le lendemain, il constatait que certains d’entre eux étaient entièrement remontés la veille, le 12.

Qui a été touché ? D’après Glenn Gabe, des sites dits “ultra-YMYL”, ces thèmes comme la santé ou l’argent où une erreur peut nuire au lecteur et que Google examine de plus près, ainsi que des sites consacrés au sport. Il dit que des propriétaires de sites lui ont confirmé ces remontées. Barry Schwartz précise, pour le site dont Gabe publie la courbe, que la chute et la remontée se voient dans les données propres du site, et pas seulement dans un outil tiers de visibilité. Sur les forums de WebmasterWorld, des éditeurs décrivent aussi un trafic Discover qui repart à partir du week-end du 12 et 13 septembre.

Google a-t-il confirmé une mise à jour ? Non. Le tableau de bord d’état de la recherche Google ne mentionne aucune mise à jour de classement depuis la spam update d’août, terminée le 21 août. Les indices de volatilité compilés par Search Engine Roundtable montrent une journée du 4 septembre plus agitée que les autres, sans plus. Seule une partie des sites touchés est remontée.

Que faire si votre trafic a chuté début septembre ? Vérifier d’abord dans la Search Console si la courbe remonte autour du 12 septembre, avant d’ouvrir un chantier correctif. Glenn Gabe rappelle que ce type d’aller-retour s’est déjà produit par le passé. Une baisse suivie d’une remontée complète en une semaine, sans modification du site, ressemble davantage à un réglage retiré par Google qu’à un jugement de qualité. Pour un site qui n’est pas remonté, les données manquent pour conclure.

Tout repose sur un observateur principal et sur des témoignages : aucune mesure publiée ne dit combien de sites ont été touchés.

Meta Muse : un agent qui navigue pour l’utilisateur, et que les sites verront comme lui

Meta a lancé le 8 septembre Muse, un agent d’IA capable d’ouvrir un navigateur, de remplir des formulaires, de négocier et de payer au nom de l’utilisateur, via Link de Stripe. L’agent tourne dans une machine virtuelle dédiée hébergée par Meta. Il n’est disponible qu’aux États-Unis, dans WhatsApp et dans l’application Muse, et arrivera ensuite sur les lunettes connectées. Le 10 septembre, Slobodan Manic, spécialiste de l’optimisation des conversions, a comparé sur No Hacks les deux documents publiés par Meta le jour du lancement, et Position Zéro l’a relayé le 16.

Que verra votre site quand Muse le visite ? Un visiteur ordinaire. Muse pilote un navigateur Chromium à jour, la base technique de Chrome, et le document technique de Meta l’écrit : la navigation de Muse “will appear as your activity”. Meta donne l’exemple d’un achat de chemise, après lequel le créateur de la marque pourrait se servir de cette visite pour afficher une publicité à l’utilisateur sur Instagram. Vos outils d’analyse compteront donc une visite humaine, et votre reciblage publicitaire pourra se déclencher, alors que la personne faisait tout autre chose pendant que l’agent naviguait. Meta précise en revanche que Muse ne transmet ni les conversations ni les données de sa machine virtuelle à ses propres systèmes publicitaires.

Tous les sites sont-ils traités de la même façon ? Non. Pour certains services, Meta a construit avec leur éditeur un connecteur qui passe par leur API : pas de navigateur, un échange encadré. Pour tous les autres, Muse ouvre le navigateur et se comporte comme l’utilisateur. Les règles anti-robots, les accès payants réservés aux machines et les outils d’analyse, qui repèrent une machine parce qu’elle se déclare ou parce qu’elle ne ressemble pas à un navigateur, ne la distinguent donc pas.

Pourquoi deux documents ? Parce qu’ils ne racontent pas la même chose, selon Slobodan Manic. L’annonce grand public présente la sécurité comme acquise et n’emploie jamais les mots risk, attack, attacker, mistake, untrusted ou prompt injection. Le billet technique les emploie 39 fois au total, écrit que “Muse can and will still make mistakes”, et offre jusqu’à 300 000 dollars de récompense pour des failles de sécurité. Meta y précise aussi que l’agent ne voit jamais les vrais mots de passe ni les moyens de paiement, et que les actions sensibles demandent une validation de l’utilisateur.

Rien n’est à changer sur un site aujourd’hui, et Slobodan Manic le dit lui-même. Il conseille de surveiller trois choses : la capacité de ces agents à porter une identité qu’un site peut vérifier, travail en cours à l’IETF, l’organisme qui normalise les protocoles d’internet, l’extension de la liste des connecteurs, et la façon dont les éditeurs documenteront leurs prochains lancements.

Claude Fable 5.1 reprend plus souvent que Fable 5 des passages de ses sources sans guillemets quand il résume, selon Anthropic

Dans son guide de rédaction des consignes pour Claude Fable 5.1, Anthropic écrit : “When summarizing documents, Claude Fable 5.1 is more likely than Claude Fable 5 to reproduce passages of the source text without marking them as quotations.” Autrement dit, quand ce modèle résume des documents qu’on lui fournit ou qu’il a trouvés sur le web, il reprend plus souvent que son prédécesseur des passages de la source sans les signaler comme des citations. Search Engine Watch a mis le point en avant le 15 septembre.

Qui est concerné ? Toute équipe qui fait résumer ou comparer des sources par ce modèle avant de publier : veille, synthèse d’études, article qui s’appuie sur plusieurs articles. Le constat porte sur le résumé de documents récupérés, pas sur la rédaction libre, et il ne vise que Claude Fable 5.1, comparé à Fable 5. Anthropic ne donne aucune fréquence, et on ignore à quelle régularité le problème survient. Search Engine Watch en tire une lecture plus inquiète : une réponse soignée peut contenir des formulations empruntées qui ressemblent au résumé de l’assistant lui-même.

Un lien vers la source ne suffit-il pas ? Pas pour savoir quels mots sont empruntés, et c’est l’argument le plus utile de Search Engine Watch. Un lien dit d’où vient l’information, les guillemets disent quels mots viennent de la source. Une réponse peut ainsi renvoyer au bon document, et le lecteur ignore pourtant à qui appartient la formulation. Pour un rédacteur ou une agence, vérifier que le texte cite ses sources ne dispense pas de comparer ses phrases à celles des sources.

Comment limiter le problème ? Anthropic propose d’ajouter au prompt système, les instructions permanentes données au modèle, un exemple complet de réponse correcte : la demande de l’utilisateur, la réponse, et une phrase qui explique pourquoi elle est correcte. Dans son exemple, la réponse reformule chaque source en une ou deux phrases et ne cite entre guillemets qu’une seule courte expression. Cette parade s’adresse aux équipes qui paramètrent le modèle, par l’API ou dans un outil. Le même guide signale un second comportement : avec un effort de raisonnement bas, Fable 5.1 lance moins souvent une recherche et répond plus volontiers de mémoire.

Ce sujet est distinct du filigrane de Claude présenté dans la revue de la semaine du 7 septembre : le filigrane marque les mots que Claude choisit, ici Claude reprend les mots d’un autre.

La “taxe de vérification” : 42 % disent passer plus de temps à vérifier l’IA qu’elle ne leur en fait gagner

Le Blog du Modérateur a repris le 14 septembre une étude du cabinet britannique Adaptavist, publiée au printemps, menée auprès de 2 500 travailleurs du savoir aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne. 42 % des personnes interrogées disent passer plus de temps à vérifier ce que produit l’IA qu’elles n’en gagnent à l’utiliser. Adaptavist appelle ce phénomène la “taxe de vérification”.

D’où vient le temps perdu ? De la relecture et de la correction, qui s’ajoutent au travail au lieu de le remplacer. 52 % des répondants disent devoir régulièrement corriger le travail produit par l’IA de leurs collègues, 55 % estiment que les contenus générés nuisent à l’efficacité de leur équipe, et 49 % que la qualité médiocre de certains résultats ralentit les projets. La moitié des participants jugent aussi que leur performance se mesure désormais, directement ou non, à celle de la machine. Pour une équipe qui produit du contenu, c’est le calcul du gain qui change : un texte généré en quelques minutes n’est pas un texte publiable en quelques minutes, et le temps de vérification doit entrer dans l’estimation au même titre que le temps de rédaction. Search Engine Watch le dit à propos de Claude Fable 5.1 : le coût réel se mesure au texte publiable.

Qui s’inquiète le plus ? Les dirigeants, et c’est le résultat le plus inattendu de l’enquête. 54 % des répondants craignent que l’IA rende leur rôle superflu d’ici cinq ans, et 29 % des cadres de direction se disent “très” préoccupés pour leur propre poste. Adaptavist relève que ceux qui pilotent la transformation comptent parmi les plus incertains sur ses effets.

Les chiffres d’Adaptavist sont des déclarations, sur un panel où ne figure pas la France, publiées par un cabinet qui accompagne les entreprises dans l’adoption d’outils comme GitLab ou Monday.com.

Cloudflare : “Block” coupe désormais aussi Google, une nouvelle option refuse seulement l’entraînement

Depuis le 15 septembre, le réglage “Block” de Cloudflare pour les robots d’IA s’applique aussi aux robots à double usage, qui servent à la fois la recherche et l’entraînement des modèles : Googlebot, Bingbot et Applebot. Le choisir bloque donc ces trois robots, recherche comprise. Le même jour, Cloudflare a ajouté un réglage “Disallow AI Training”, qui refuse l’entraînement et laisse ces robots explorer le site pour la recherche. L’édition du 17 août annonçait pour cette date un blocage par défaut des robots d’entraînement sur les nouveaux domaines : le changement effectif va plus loin.

Comment fonctionne la nouvelle option ? Elle écrit dans le robots.txt du site une préférence de refus d’entraînement, par exemple une règle Disallow pour Google-Extended, le nom qui permet de refuser l’entraînement chez Google. Les robots de recherche de Google, Apple et Microsoft continuent d’explorer le site. Cloudflare bloque les robots dédiés à l’entraînement, comme ceux d’Amazon, Anthropic, Meta et OpenAI. Cloudflare précise que Bing ne lit pas encore cette préférence dans le robots.txt : Microsoft prévoit de la prendre en charge début 2027.

Faut-il toucher à ses réglages ? Dans la plupart des cas, non : Cloudflare a basculé automatiquement les anciens choix de blocage de l’entraînement vers “Disallow AI Training”. Il faut en revanche vérifier deux choses. Si quelqu’un choisit désormais “Block” pour l’entraînement avec l’idée de refuser les IA, Googlebot, Bingbot et Applebot ne peuvent plus explorer le site, y compris pour la recherche. Et un réglage Cloudflare ne décide pas de la présence dans les AI Overviews ou l’AI Mode, qui dépend d’un réglage distinct de la Search Console, ouvert à tous les sites comme nous l’écrivions dans l’édition du 31 août. Google indique que Google-Extended ne change ni l’inclusion dans la recherche, ni le classement.

Combien de sites refusent l’entraînement ? Selon Cloudflare, 17 % des sites qu’il protège activent un mécanisme pour bloquer l’entraînement, et moins de 1 % bloquent les robots de recherche. Cloudflare se fixe aussi pour objectif, d’ici le début de l’année prochaine, un réglage pour choisir quelle part du contenu peut apparaître dans les résumés d’IA.

Pour les nouveaux domaines, les réglages proposés par défaut dépendent désormais de la présence de publicité sur le site, et restent modifiables à tout moment.

Publicité dans ChatGPT : OpenAI recommande désormais de viser les conversions en facturant à l’impression

Le 16 septembre, OpenAI a annoncé une série de nouveautés pour sa régie publicitaire, et écrit aux annonceurs. Dans cet e-mail, reproduit par Search Engine Roundtable, OpenAI présente l’optimisation des conversions facturée à l’impression comme “Now generally available”, avec cette précision : “This is our recommended model for maximizing performance.” C’est la suite de la rubrique de la semaine du 7 septembre sur l’ouverture de la publicité ChatGPT en France.

Que change ce modèle pour un annonceur ? La façon de payer et de mesurer. Ce type de campagne optimise pour les conversions issues des clics comme des simples vues de l’annonce, et OpenAI le facture à l’impression. Le reporting permet aussi de choisir une fenêtre d’attribution de 7, 14 ou 30 jours après un clic, et de 0 ou 1 jour après une vue. L’e-mail ne précise pas les pays où cette option est disponible. Conséquence possible : le coût par clic pourrait devenir de moins en moins comparable d’un annonceur à l’autre, puisqu’OpenAI pousse un modèle qui ne facture plus le clic.

Qu’arrive-t-il en France ? L’application ChatGPT Ads pour Shopify, qui permet à un marchand de connecter son catalogue et de lancer des campagnes, est d’abord ouverte aux marchands américains. OpenAI écrit qu’elle sera disponible “internationally in markets where ChatGPT Ads are available starting September 23”, donc en France. Une intégration à HubSpot permet aussi de créer des annonces et de suivre les prospects directement dans ce logiciel.

Les “Sponsored Agents” forment un nouveau format, testé avec quelques annonceurs aux États-Unis seulement : après un clic sur une annonce, l’utilisateur peut ouvrir une conversation clairement signalée avec un agent conçu par l’entreprise, distincte des réponses de ChatGPT.

OpenAI n’a publié aucun nouveau coût ni aucun résultat de campagne.

Les chiffres-clés à retenir

  • 33,3 % : la part des 5 118 requêtes hors marque suivies par Datashake pour 55 clients qui affichent un aperçu IA en France, au 1er septembre (Abondance, relevé Datashake).
  • 58,7 % : la part des requêtes où une page en position 1 est citée dans l’aperçu IA, contre 70,7 % le 3 août et 19,3 % en positions 4 à 10 (Abondance, relevé Datashake).
  • 23,1 % : la baisse médiane du taux de clic dans les neuf jours suivant le 22 juillet pour les domaines les plus exposés aux AI Overviews, parmi 963 domaines suivis en France (Ahrefs).
  • 5 % : la baisse estimée des visites venues des moteurs sur Wikipédia en anglais après l’activation par défaut des AI Overviews aux États-Unis (Search Engine Journal).
  • 15 cartes : le maximum par tableau de bord personnalisé dans une propriété Google Analytics standard, 30 en premium (Google).
  • 18 mois : la période couverte par le nouveau compteur de vues des posts Google Business Profile (Google).
  • 42 % : les travailleurs du savoir interrogés par Adaptavist qui disent passer plus de temps à vérifier les productions de l’IA qu’elles ne leur en font gagner (Blog du Modérateur).
  • 17 % : la part des sites protégés par Cloudflare qui bloquent l’entraînement des IA, contre moins de 1 % qui bloquent les robots de recherche (Cloudflare).
  • 23 septembre : la date à partir de laquelle l’application ChatGPT Ads pour Shopify s’ouvre hors des États-Unis, dans les pays où la publicité ChatGPT est disponible (OpenAI).

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