Le 2 août, l’étiquetage des contenus IA générés sans contrôle humain devient obligatoire dans l’Union européenne. Au même moment, huit sources indépendantes convergent sur un même verdict : Google ne sanctionne pas l’IA, il sanctionne le contenu interchangeable. On y ajoute une correction assumée sur le rôle réel du balisage schema.
Cette semaine bascule un argument qualité en obligation légale, et confirme par les chiffres ce qu’on soupçonnait sur le contenu généré par IA. Le règlement (UE) 2026/1744 confirme l’entrée en vigueur de l’article 50 de l’AI Act au 2 août, avec une exemption qui repose entièrement sur le contrôle éditorial humain. Au même moment, Ahrefs et Moz publient deux études à échantillon réel qui disent la même chose sous deux angles différents : ce qui compte n’est pas si un contenu est écrit par IA, mais s’il apporte quelque chose que personne d’autre ne dit, et de plus en plus, cette preuve se construit hors du site.
- Étiquetage IA obligatoire : à partir du 2 août, les textes informatifs générés par IA sans contrôle éditorial humain doivent être signalés dans l’UE.
- Amende DMA de 890 M€ : Bruxelles sanctionne Google, et des discussions sont en cours pour étendre les mêmes règles à l’AI Mode.
- Ce que Google punit vraiment : une étude Ahrefs sur 150 000 pages confirme que le taux d’IA dans un contenu n’explique presque rien de son classement.
- Le schema ne fait pas monter dans Google : un test contrôlé Moz sur 29 clients le confirme, à l’inverse de Bing et Yahoo.
- Être cité ne suffit plus : jusqu’à 52 % des citations IA ne nomment même pas la marque source.
- Search Console sociale, mode d’emploi : les ” platform properties ” sont déployées mondialement, avec une vraie limite à connaître.
- Posts collaboratifs LinkedIn : les règles connues avant le déploiement complet en septembre.
- Le contre-champ d’Aleyda Solis : et si le vrai coupable de la baisse de trafic organique n’était pas l’IA ?
Bonne lecture !
Table des matières
L’étiquetage des contenus IA devient obligatoire dans l’UE à partir du 2 août 2026
Le règlement (UE) 2026/1744, le Digital Omnibus, a été publié au Journal officiel de l’Union européenne le 24 juillet et il est entré en vigueur le 27. Il confirme l’entrée en application de l’article 50 de l’AI Act au 2 août 2026 : les textes informatifs publiés sans contrôle éditorial humain doivent désormais être signalés au public comme générés par IA.
Quel est le périmètre exact de l’obligation ? Elle ne couvre pas tout texte produit par IA, mais les textes publiés dans le but d’informer le public sur des sujets d’intérêt public : actualité, opinion, analyse de société, sciences. Une fiche produit ou une page service reste hors périmètre. L’obligation pèse sur l’organisation qui publie le contenu, pas sur l’éditeur de l’outil IA utilisé pour le produire.
Comment échapper à l’étiquetage ? Deux conditions cumulatives : un contrôle éditorial humain documenté, et une personne physique ou morale identifiée comme responsable de la publication. Une relecture informelle ne suffit pas : il faut une trace, un journal de production, une checklist de relecture datée, un responsable nommé.
Que se passe-t-il si rien n’est prêt le 2 août ? Seul le marquage technique des systèmes d’IA déjà en service (les icônes machine-readable prévues à l’article 50, paragraphe 2) bénéficie d’un sursis, jusqu’au 2 décembre 2026. Le reste de l’obligation, lui, est déjà en vigueur au 2 août. Les autorités de contrôle en France sont la DGCCRF, la CNIL et l’Arcom.
- Digital Omnibus, règlement (UE) 2026/1744 Source : Journal officiel de l’UE, 24/07
- Article 50 de l’AI Act, texte officiel Source : Commission européenne
- L’étiquetage des contenus IA devient obligatoire dans l’UE Source : Blog du Modérateur
Bruxelles sanctionne Google de 890 millions d’euros au titre du DMA

La Commission européenne a sanctionné Google de 890 millions d’euros pour non-respect du Digital Markets Act, dans une décision du 24 juillet 2026. Deux griefs distincts : sur Search, la mise en avant des services Google (shopping, hôtels, transport, sport) devant des services tiers équivalents ; sur Play, le blocage de l’information des développeurs sur des offres alternatives moins chères.
Quelles sont les conséquences pour Google ? 60 jours pour se mettre en conformité, sous peine d’astreintes pouvant atteindre 5 % de son chiffre d’affaires mondial. La procédure remonte à la désignation de Google comme gatekeeper en septembre 2023 et à l’ouverture de l’enquête en mars 2024.
Pourquoi ce dossier dépasse largement Google Shopping ? Abondance est la seule source à relever un point qui change la donne : des discussions sont en cours pour étendre le principe de classement équitable aux AI Overviews et à l’AI Mode. Si ces surfaces sont un jour soumises à la même obligation de non-discrimination que Search classique, la question de savoir comment être cité par l’IA de Google devient un sujet réglementaire, pas seulement technique. Ce prolongement ne repose à ce stade que sur cette source, à recouper avant toute communication ferme en clientèle.
- Bruxelles sanctionne Google de 890 millions d’euros au titre du DMA Source : Abondance
- Avec son Mode IA, Google devient juge, éditorialiste et commerçant Source : Journal du Net
Ce que Google punit vraiment dans le contenu généré par IA

Ahrefs a analysé 150 000 pages exploitables issues de 100 000 SERP en juin 2026. Seulement 5,3 % des pages en positions 1 à 3 sont intégralement écrites par IA, et 82,2 % du top 3 contient moins de 50 % de contenu IA. Le taux moyen d’IA progresse à peine entre la première position (27,1 %) et la dixième (30,9 %).
Alors qu’est-ce qui fait vraiment la différence ? Moz, par la voix de Tom Capper, apporte la deuxième moitié de la réponse : 85 % des citations dans les moteurs IA viennent de sites tiers, contre seulement 5 % pour les sites commerciaux de la marque elle-même. Le trafic IA plafonne sous 2 % et décline. Les deux études mises bout à bout disent la même chose : Google ne juge pas un contenu sur son taux d’IA, mais sur ce qu’il apporte de spécifique.
Google a-t-il un mot pour ça ? Oui, le ” non-commodity content “, défini dans son guide d’optimisation IA de mai 2026 et repris par Danny Sullivan au Search Central Live de Toronto. Trois critères : unique, spécifique, authentique. Deux titres donnés en exemple par Google sont réutilisables comme patrons d’angle : ” Why We Waived the Inspection (And Saved $15k) ” ou ” Marble vs. Grape Juice “.
- Google Doesn’t Punish AI Content (étude 150 000 pages) Source : Ahrefs
- The New (AI) SEO Playbook Source : Moz, Tom Capper
- What is Non-Commodity Content (According to Google?) Source : Surfer SEO
Le balisage schema ne fait pas monter dans Google : la preuve par un test contrôlé

Moz a testé l’impact du balisage schema sur 29 clients pendant 10 semaines : 13 en groupe contrôle, 16 en groupe test, balisage LocalBusiness uniquement, tout autre chantier SEO gelé pendant la durée du test.
Quel est le résultat ? Sur le rang général : Google 0,00 %, Google Mobile 0,00 %, Bing 70,33 %, Yahoo 81,96 %. Sur la visibilité de recherche, le groupe contrôle fait même mieux que le groupe test, tous moteurs confondus. Un test contrôlé, et non une simple corrélation observée, montre que le balisage schema ne produit aucun gain de rang sur Google.
Faut-il retirer le balisage schema du site ? Non. Il reste utile pour Bing, pour Yahoo, et pour la compréhension du contenu par les machines. Neil Patel ajoute une nuance dans le même sens : Google enterre officiellement les FAQ rich results, mais garder le balisage FAQ reste justifié : il sert encore à la lisibilité machine, même sans l’affichage enrichi.
Ce résultat nuance ce qu’on écrivait la semaine dernière sur l’Entity Strength Index de SALT, dont un des quatre axes est la maturité des données structurées : à prendre comme un signal de qualité générale, pas comme un levier de rang Google.
- Does Schema Markup Impact SERP Rank? (test contrôlé) Source : Moz
- Google Ends FAQ Rich Results Source : Neil Patel
Être cité par l’IA ne suffit plus, il faut que votre marque soit nommée
Tom Capper chiffre à 85 % la part des citations IA venant de sites tiers. Search Engine Land ajoute une donnée que ce chiffre ne dit pas : environ 40 % des pages citées par les IA ne nomment pas la marque source : jusqu’à 52 % sur Perplexity, 49 % sur AI Mode, 41 % sur AI Overviews.
Quelle est la différence entre être cité et être nommé ? Une marque peut alimenter une réponse IA sans qu’aucun lecteur ne sache d’où vient l’information. Ces citations fantômes ne génèrent ni trafic, ni reconnaissance de marque.
Que faire concrètement ? Le playbook de Tom Capper nomme quatre leviers : le Digital PR (construire la citation, pas seulement le lien), le Barnacle SEO (s’accrocher aux SERP brandées et aux pages tierces à forte autorité comme YouTube ou Wikipédia), l’UGC et la communauté (Reddit, sites d’avis, vidéo tierce), et la cohérence de l’information partout où la marque apparaît.
- The New (AI) SEO Playbook Source : Moz, Tom Capper
- The ghost citation problem Source : Search Engine Land
La Search Console suit maintenant vos contenus YouTube, Instagram, TikTok et X : mode d’emploi

Les ” platform properties ” de la Search Console, annoncées le 20 juillet, sont déployées mondialement depuis le 29. Elles couvrent quatre plateformes (YouTube, Instagram, TikTok, X, mais pas LinkedIn) sur un compte revendiqué, et mesurent les clics, impressions et requêtes générés dans Google Search, Discover et News.
Qu’est-ce que ça mesure, et qu’est-ce que ça ne mesure pas ? Le rapport Insights livre des groupes de requêtes (top, en hausse, en baisse), un filtre 24 h, l’export multi-propriétés, des annotations et une comparaison format court/format long. En revanche, rien des statistiques internes des réseaux sociaux : la propriété reste séparée de celle du site.
Peut-on prouver qu’une vidéo a fait grimper les recherches ? Non, et c’est la réserve que pose Search Engine Journal : les annotations sont un journal avant/après, pas un test contrôlé. On peut noter qu’une vidéo est sortie avant un pic de requêtes, jamais prouver que l’une a causé l’autre.
- Platform properties: social video guide Source : Google Search Central
- Google opens Search Console social reporting to everyone Source : Search Engine Journal
Les posts collaboratifs LinkedIn : les règles à connaître avant la rentrée
LinkedIn déploie ses posts collaboratifs progressivement, jusqu’à septembre 2026. Jusqu’à 5 invités en plus du créateur, soit 6 signatures maximum.
Qui contrôle le texte du post ? Le créateur, seul. Les invités ne peuvent que quitter le post, pas le modifier, et ils doivent accepter l’invitation dans les 90 premières minutes, sous peine de perdre la fenêtre de distribution.
Où est le piège pour les marques ? Les Pages entreprise cosignataires n’ont accès à aucune statistique du post, même si leur nom y figure. Pour une agence qui cosigne un cas client avec son partenaire, c’est un point à cadrer avant publication, pas après.
Cette information vient d’un accès anticipé (Caroline Mignaux), sans documentation officielle LinkedIn à ce stade, à garder en tête avant tout engagement chiffré en clientèle.
- Posts collaboratifs LinkedIn : règles et limites Source : Le Ptit Digital
Ce que pense Aleyda Solis de la baisse du trafic organique
Aleyda Solis a mesuré plusieurs verticales et elle arrive à une conclusion qui va à contre-courant du discours ambiant : la croissance des dépenses Google Ads a davantage pesé sur la baisse du trafic organique que les AI Overviews.
Quel est l’ordre de grandeur qu’elle donne ? Le SEO produit encore 80 % du revenu généré par la recherche, contre moins de 1 % pour l’AI search, alors que l’investissement, lui, se déplace vers l’AI search.
Faut-il la croire sur parole ? Cette donnée rejoint ce qu’on observe sur le trafic IA face au trafic organique chez Plume Numérique, et mérite d’être gardée en tête chaque fois qu’un client ou une agence présente le SEO classique comme secondaire face à la visibilité IA (y compris dans nos propres contenus). Une tension du même ordre existe sur Reddit, recommandé cette semaine comme levier de citation par Moz et Ahrefs, alors qu’il a perdu près de la moitié de ses positions organiques depuis février, de 750 à 465 millions de mots-clés.
- Myths, Failures, and Future Predictions Source : Aleyda Solis
Les chiffres-clés à retenir
- 2 août 2026 : entrée en vigueur de l’obligation d’étiquetage des contenus IA dans l’UE (article 50 de l’AI Act).
- 890 millions d’euros : l’amende DMA infligée à Google, avec un possible prolongement vers l’AI Mode.
- 5,3 % : la part des pages en top 3 Google intégralement écrites par IA (Ahrefs, 150 000 pages).
- 85 % : la part des citations IA provenant de sites tiers, pas des marques elles-mêmes (Moz).
- 0,00 % : le gain de rang Google mesuré pour le balisage schema, contre 70,33 % sur Bing (Moz, test contrôlé).
- 40 % à 52 % : la part des citations IA qui ne nomment même pas la marque source, selon le moteur.
- 80 % : la part du revenu de recherche encore produite par le SEO classique, contre moins de 1 % pour l’AI search (Aleyda Solis).
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